La Fondation Nicolas Hulot s'est prononcée à plusieurs reprises contre l'utilisation du charbon dans la production d'électricité. Elle a notamment fait part de cette position lors du débat sur la programmation pluriannuelle des investissements sur l'énergie organisé par le Ministère de l'écologie. Nicolas Hulot et la FNH ne sont donc pas favorables à toute initiative de relance de l'usage du charbon en France.
S'agissant des politiques régionales, et sans se substituer aux consciences locales, la FHN a toujours appelé, quand elle en a l'occasion et la légitimité, à la responsabilité des décideurs et des parties prenantes en faveur de politiques territoriales en accord avec les engagements nationaux et européens de la France : en matière de réduction d'émissions comme du maintien des services écologiques et de la biodiversité. Et c'est d'abord dans les territoires qu'ils doivent en effet s'incarner.
Les politiques territoriales ont donc à rendre visible ce changement de cap. Les étapes de ces changements sont en effet cruciales pour les citoyens et leur permettre de voir l'action collective, publique et privée, politique et économique, s'appliquer des modes d'action et des principes de responsabilité écologique énoncées quasi quotidiennement par les média et les décideurs politiques à l'attention des individus.
La nouvelle gouvernance des biens publics environnementaux que nécessite la préservation des conditions du bien-être et de la vie dans la biosphère, et d'abord dans les territoires, exige des responsables la prise d'autres initiatives au présent, au nom du futur. C'est sans doute la grande difficulté à laquelle nos institutions politiques sont confrontées. Elles ne sont pas organisées pour penser le futur au nom de l'intérêt général. C'est incontestablement le premier défi de la société française : se redonner une capacité collective d'innovation, de changement, d'efficacité et d'équité sociale. Cette "démocratie écologique" est à inventer.
Les tensions et les contributions de collectifs sur les projets de port charbonnier de Cherbourg, de port méthanier au Verdon ou de nouvel aéroport de Nantes traduisent cette nécessité, dans le prolongement du Grenelle. Et c'est heureux pour l'émergence d'une nouvelle manière de co-construire l'action publique avec la société, et au delà, de susciter les importants ajustements nécessaires à l'avènement d'une "démocratie écologique".
C'est un nouvel équilibre entre les droits de l'individu et ce qui conditionne leur exercice, les biens publics en question, et plus largement l'intérêt collectif, qu'il va falloir inventer.
FNH, le 2/09/09