4 à 4,5 millions de tonnes de charbon minimum, jusqu’à 8 millions, si on relit certain texte de la CCI de Cherbourg. C’est le trafic annuel que devra supporter le port soit l’équivalent de 10 à 11 millions de tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère une fois brûlées dans les centrales !
30% : c’est la part du charbon dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est plus que le gaz ou le pétrole. Le charbon reste la façon la plus polluante de produire de l’énergie, c’est la matière première du changement climatique
1,5°C : C’est le seuil au-delà duquel les impacts des changements climatiques auront des impacts irréversibles sur l’ensemble du globe.
4 à 6°C : Au regard des niveaux actuels d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, c’est l’estimation par les scientifiques de l’augmentation des températures d’ici à 2100.
Un projet absurde au vu de l'urgence climatique !
Avec le projet de terminal à charbon, l’Etat français s’engagerait dans une dynamique qui remettrait sérieusement en cause ses engagements dans le cadre du Grenelle, du paquet climat énergie européen, tout en hypothéquant fortement sa crédibilité pour le Sommet des Nations Unies sur le Climat en décembre prochain à Copenhague.
Les gouvernements qui s’y réuniront devront s’accorder sur des objectifs juridiquement contraignants de réduction des émissions pour les pays industrialisés d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990, dont les trois quarts au moins devront être réalisés sur le territoire national.
Le charbon a été l’énergie de la révolution industrielle, un tel projet de terminal charbonnier est totalement incohérent en 2009.
Il serait en effet inadmissible d’autoriser la construction en France d’infrastructures qui vont contribuer au développement de la filière du charbon et de faire des profits sur l’une des principales causes des changements climatiques. Un tel projet viendrait s’insérer au sein d’une filière qui est de part en part source de
pollution et de destruction environnementale. Aujourd’hui, les énergies propres doivent prendre le relais afin de lutter contre la crise climatique.
Un scénario énergétique alternatif montre que :
l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables permettent de réduire de 50% les émissions mondiales de CO2 d’ici 2050
il est possible d’ici 2020 que les renouvelables couvrent jusqu’à 32,5% de nos besoins en électricité
dès 2020, on peut remplacer 450 centrales au charbon de taille moyenne par des parcs d’éoliennes
Le ministre de l'environnement peut encore et doit refuser d'autoriser le projet et ainsi respecter les engagements français. Pour sortir de l’ombre le charbon du futur terminal de Cherbourg.
« Tous les grands projets seront arbitrés en intégrant leur coût pour le climat et la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé… » Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors de la
clôture du Grenelle de l’Environnement. 25 octobre 2007